Oboman : Hautbois, Cor Anglais

Didier Ithursarry : Accordéon





Les dialogues improbables entre le « piano à bretelles », pauvre Gavroche né en pleine révolution industrielle du XIXe et ce vieil aristocrate de Hautbois, qui a connu son heure de gloire au XVIIIe siècle… vont enfin prendre forme – et vie – grâce à la rencontre de Oboman et de Didier Ithursarry !
Ils n’ont pas le même sang, ni le même rang : Jean-Baptiste Lully intègre les hautbois à « La Grande Écurie du Roy » de Louis XIV ; des hordes de hautbois, déclinés en plusieurs tailles, entrent en force dans la musique des Mousquetaires. Ils sont pourtant tous les deux de la même famille : celle des vents… L’un a choisi les anches battantes, l’autre, les anches doubles… mais il s’agit avant tout de vibration, de souffle et d’air. Ironie de l’histoire : le plus petit de la famille s’appelle hautbois-musette... parenté étrange !
Homme-orchestre, l'accordéoniste exécute rythme, mélodie et harmonie : un homme à tout faire ! La destinée du hautbois est, dès son plus jeune âge à la cour, de chanter la mélodie.
Quant à la réalisation sonore de nos deux souffleurs en liberté, elle n’est pas banale, voici comment en juger par vous-même :

Prenez quelques compositions originales de nos deux troubadours.
- Ajoutez-y quelques perles musicales empruntées à d’illustres Jazz-ménestrels des contrées voisines, sans oublier un zeste d’airs traditionnels.
- Arrosez le tout avec un souffle, un doigté et une imagination exceptionnels.
Et vous obtiendrez Oboréades, un souvenir musical impérissable !


Didier Ithursarry, Basque et accordéoniste à la fois, étudie l’art des sons au conservatoire de Bayonne avant d’intégrer la classe d’accordéon du Conservatoire National d’Orsay ; il y obtient avec brio sa médaille d’or, un prix de perfectionnement, ainsi que son Diplôme d’État.
Parallèlement à ses sérieuses études musicales, il prend le temps d’enrichir son savoir faire et multiplie les expériences musicales en jouant avec Alfredo Arias et Annie Fratellini, en accompagnant Clarika, Juan Carlos Caceres, Susy Firth, Sanseverino…

Que croyez-vous qu’il advint alors ? Claude Barthélémy, « derechef national », le remarque derrière François Béranger et l’engage fissa dans l’Orchestre National de Jazz nouvelle mouture. Il y joue pendant trois ans, de 2002 à 2005 et participe à l’enregistrement deux très beaux albums : « La Fête de L’Eau » et « Admirabelamour ».
Didier Ithursarry, musicien aux aguets, passe aisément d’un monde à l’autre. D’un tempérament curieux, avide de rencontres, il évolue dans le trio de Jauvain - Ithursarry - Bras, dans le quartet de Serge Luc, celui de Marco Compo, le quintet de Claude Barthélemy, et plus récemment le quartet de Jacques Vidal, Frédéric Sylvestre et Florine Niculescu, mais aussi l’ensemble « Danzas » de Jean-Marie Machado, en trio avec Sébastien Llado mais aussi des collaborations avec Marc Ducret, Louis Sclavis…

Il appartient à cette lignée d’accordéonistes Français d’après guerre qui furent inspirés par le jazz et le swing manouche, avec dès les débuts de ce mouvement des collaborations répétées entre Jo Privat et Django Reinhardt. Formés au « Musette », ils surent intégrer avec intelligence les éléments essentiels de ce nouveau courant musical et ainsi révolutionner le monde de l’accordéon : les pionniers tels Gus Viseur, Charley Bazin, Tony Murena et les héritiers plus récents comme Marcel Azzola, Richard Galiano, Daniel Mille…

"Un accordéoniste sidérant" - Michel Contat, Télérama

Une escale en clunisois oboreades

"Pour Jean-Luc Fillon et Didier Ithurrsarry, le programme sera majoritairement celui du disque paru en 2012 (« Oboréades, 52ème Rue est) : des compositions des deux compères, plus l'explosif Bebe signé Hermeto Pacoal ; mais avec la vigueur renouvelée du jazz « sur le vif », car ces deux là n'aiment pas rejouer la partie à l'identique. Ici rayonnent toutes les couleurs du monde (et même de tous les mondes), dans une musique qui enserre la pulsation du new tango dans les volutes du jazz pur. L'accordéoniste ose un swing inflexible et un drive infernal, tandis que le hautbois de Jean-Luc Fillon nous régale d'un chorus résolument torride. Les mises en place sont millimétrées, mais avec une souplesse féline (dans Le Chat Pacha, entre autres). Ailleurs s'associent rythmes impairs et groove funky. Le public (votre serviteur inclus) est conquis, et son enthousiasme sera récompensé d'un rappel qui ne figure pas sur le disque, mais provient du répertoire de Jo Privat : Rêve Bohémien."

Xavier Prévost - Les dernières nouvelles du Jazz à Jazz Campus