Musiques du monde

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Privé de désert

PRIVE DE DESERT

à l'écoute : enregistrement live le 7 novembre 2009, auditorium St-Germain, Paris

Jean-Luc Fillon
Fawzy Al-Aiedy
João Paulo
Lionel Allemand
Adel Shams El Din
Hautbois, cor anglais, doudouk
Oud, voix, hautbois, cor anglais
Piano, voix
Violoncelle
Percussions orientales

Le désert exerce sur l’homme une fascination à la mesure de son immensité…
Vagues immobiles de cette vaste mer de sable, les dunes, toujours recoiffées par l’harmattan, offrent à la lumière un terrain propice à ses jeux. Le regard émerveillé du voyageur devant ces paysages sans cesse renouvelés découvre alors le mirage saharien; nuage de sauterelles, course de gazelles, colonie d’ibis…
A moins qu’une oasis, îlot de douceur et source de vie, révèle à sa vue l’abondance de ses fruits nichés à l’ombre de sa palmeraie protectrice.
Une agitation soudaine? Une caravane s’avance au pas ondulant de ses chameaux dont le rythme s’accélère à l’approche de l’oasis. Les chameliers, impatients de remplir leur guerba, hâtent le pas. Ils sont heureux! A la nuit tombée, ces touaregs, vêtus de leur gaudoura traditionnelle, échangeront en tomacheq leurs histoires merveilleuses et rocambolesques, pleines de mystères, rebondissements et aventures. Depuis la nuit des temps, les hommes en bleu irriguent leur mémoire d’imaginaire, de peurs et de rêves. Tous les personnages entrent en scène, les Djinns, les marabouts, les guerriers, marchands et pillards, même les démons et les sorcières sont de la fête. Un vent puissant fait chanter les palmiers à l’entour. Un musicien entame sur son oud les airs, tristes ou gais, qui ont bercé leur enfance et agissent comme un baume merveilleux sur le cœur des hommes. La musique s’y déverse, rafraîchissant dans leur mémoire de merveilleux souvenirs.

« Privé de Désert » est le fruit de la rencontre de deux créateurs, Fawzy Al Aiedy et Jean-Luc Fillon, inspirés chacun d’une vision du désert : une réalité ancrée dans un passé, un univers imaginaire.
La formation, composée de cinq musiciens aux parcours originaux, à la croisée du jazz, des musiques improvisées et des musiques du monde, propose des compositions originales inspirées du chant folklorique moyen oriental et des pièces traditionnelles.
L’instrumentation atypique de l’ensemble est une passerelle entre l’orient et l’occident : le hautbois, commun à Fawzy Al Aiedy et Jean-Luc Fillon, par sa place dans la musique occidentale depuis 4 siècles et ses lointaines origines mésopotamiennes, est à ce titre l’emblème de ce trait d’union. Le mariage des timbres du oud, du hautbois/cor anglais, et du violoncelle, dans ce contexte, s’impose comme une évidence.
João Paulo inscrit son jeu dans l’héritage mauresque de la musique arabo-andalouse, évoquant pour nous les ancêtres du piano : santour, tympanon, psaltérium et autres cithares. Les percussions traditionnelles du Moyen Orient - Daf, Riqq et darbouka – soutiennent constamment, par un rythme finement ciselé, les discours de l’ensemble.
La mystérieuse et puissante voix d’orient de Fawzy, à laquelle vient parfois se joindre celle de João Paulo évoque notamment les voix gutturales des peuples du désert.

Si tu chantes la beauté, même dans la solitude du désert, tu trouveras une oreille attentive

Khalil Gibran,
Le Sable et l'Ecume

Avec ses quatre dromadaires
Don Pedro d'Alfaroubeira
Courut le monde et l'admira.
Il fit ce que je voudrais faire
Si j'avais quatre dromadaires.

Guillaume Apollinaire,
Le Bestiaire

 Fawzy

Fawzy AL-AIEDY

Compositeur - Chant – Oud – Hautbois – Cor Anglais

Né entre deux pluies à Basrah (Irak) vers 1950, FAWZY a étudié à l'Institut de Musique de Bagdad la musique traditionnelle orientale (luth et chant) ainsi que la musique occidentale (hautbois classique).

A Paris où il vit depuis 1971, après avoir obtenu un 1er prix de hautbois et un 2ème Prix de musique de chambre, il s’est tourné vers des répertoires plus personnels ; il s’intéresse surtout aux musiques métisses, toutes celles qui rapprochent les hommes, reflètent une créativité, une émotion et font vibrer. Il chante la poésie mêlant à sa voix la musique populaire et savante, orale et écrite. Ses connaissances des musiques orientales et occidentales l’ont affranchi des règles pour mener sa propre quête spirituelle et artistique ; il tourne actuellement : PARIS-BAGDAD GROOVES (musique du monde actuelle) ; PARIS-BAGDAD ACOUSTIC (musique acoustique inspirée de la tradition orientale) ; OUD ALJAZIRA (duo chant-oud / percussions ou trio avec violon - musique du Proche-Orient, classique et populaire) ; DOUNYA (voyage musical pour petits & grands). Il a produit 10 albums dont en CD : DOUNYA - Chansons traditionnelles pour enfants c/o Universal Jeunesse ; LE PARIS BAGDAD c/o Buda Musique / Socadisc ; OUD ALJAZIRA c/o Buda Musique / Socadisc

 JLuc

Jean-Luc FILLON

Hautbois - Cor Anglais - Doudouk

Jean-Luc FILLON fait partie des rares musiciens dont le parcours artistique est jalonné de réalisations originales et multiples. Bassiste, Contrebassiste, hautboïste et adepte du cor anglais, doté d’un solide bagage classique (5 ans hautbois solo de l’Orchestre Symphonique d’Europe),

il emprunte, avec un savant mélange de discrétion et de persévérance, l’un des itinéraires artistiques les plus dépaysants et convaincants de notre scène musicale.

Chef d’orchestre apprécié et arrangeur de talent, il dirige pendant de nombreuses années le «Jazzogène Orchestra» avec lequel il enregistre 3 albums remarquables (choc du Monde de la Musique 1998).

Le voici aujourd’hui sur son instrument de prédilection, le hautbois/cor anglais, sur lequel il révèle de vrais talents de mélodiste. Depuis 2001, il enchaîne de nombreuses réalisations afin de présenter le caractère novateur et original du hautbois/cor anglais dans l’improvisation : « Je souhaite révéler au jazz et musiques improvisées la richesse sonore, l’authenticité et le lyrisme du hautbois/cor anglais, instruments jusqu’alors confinés dans les musiques de tradition écrite. J’espère parvenir à rapprocher chaque jour davantage ces instruments de l’esprit du Jazz. »

L’écoute de ses derniers albums — « OBOA », « Flea Market », « Echoes Of Ellington » — est indispensable !

Adel Shams El Din

Adel Shams El Din

Percussions orientales

Fils d’une famille de mélomanes d’Alexandrie, Adel Shams El Din, musicien égyptien installé à Paris depuis 1980, est passé maître dans l’art de la percussion, notamment sur le riqq, en devenant ainsi une référence en matière de percussions orientales.
Après avoir étudié avec Fathi Guened l’art de la darabukka, cet artiste rejoint ensuite l’orchestre de la Radio d’Alexandrie avant de partir s’installer en Angleterre.
Adel Shams El Din commence alors une carrière internationale en accompagnant des chanteurs arabes célèbres tel que le chanteur libanais Wadii Al-Safi, ainsi que des musiciens internationaux. C’est l’un des piliers de l’ensemble Al-Kindi depuis sa création, dont il est devenu l’incontournable accompagnateur. Sa connaissance, comme sa parfaite maîtrise des rythmes les plus complexes, en font un interprète respecté et très sollicité par les musiciens professionnels du Proche-Orient, d’Afrique du Nord ou de France.
Toutes ces expériences ont permis à Adel Shams El Din de créer un style personnel, basé sur la tradition, mais toujours ouvert sur les influences nouvelles et sa propre inspiration.

João Paulo

João Paulo

Piano

Créateur libre et incandescent, pianiste surdoué, João Paulo a acquis son indépendance au prix d’une immense culture musicale, d’une ouverture d’esprit aventureuse et d’une chaleureuse sensibilité.
Musicien inclassable, il entreprend en 1992 des recherches sur la musique populaire portugaise. C’est sans doute cette démarche hors pair qui l’amène par la suite à être appelé comme arrangeur et compositeur pour des artistes lusophones aussi divers que Vitorino, Carlos Alberto Moniz, Felipe Pais, Misia, Christina Branco ou Dona Rosa. Tout ceci sans compter les collaborations avec des musiciens tels que le saxophoniste américain Peter Epstein.
Sa discographie est à l’image d’un musicien nomade épris de voyage : chez Enja avec le groupe DIZ, puis chez MA recordings avec Peter Epstein, ou encore chez Deux Z/Harmonia Mundi pour un premier album solo « Roda, suites portugaises » sorti en 2002, et enfin avec J-Luc Fillon chez Deux Z et Cristal records en 2003 et 2004.

Lionel Allemand

Lionel Allemand

Violoncelle

Né à La Ciotat en 1971, il étudie le violoncelle respectivement au CNR de Marseille avc G.Teulière, puis au CNSM de Lyon avec J.Deplace (1988-1992).
Violoncelle solo de l’orchestre du Grand théâtre de Tours (1993-1997, il remporte le premier prix de musique de chambre de l’académie internationale de Rambouillet en formation trio à cordes.
Eclectique par nature, il se consacre par la suite à l’improvisation dans le jazz, mais aussi au tango argentin au sein de l’ensemble Gustavo Gancedo Septeto, ou encore avec le sextet Alborada. Tout en participant à différentes formations telles que le trio Miacis, le quatuor Rulliére, membre également de l’octuor de violoncelle de Beauvais depuis 2003, il s’est notamment produit dans différents styles musicaux avec Antoine Hervé, le groupe Mam, l’ensemble translav de Gerardo Lecam, Abed Azrié, Angelique Ionatos, Jose Mosalini, Jean-luc Fillon,João Paolo, Didier Lockwood, Barbara Hendricks,…
Ces multiples expériences l’on ainsi amené à être invité dans différents festivals au Canada, Philippines, Maroc, Norvège, Liban, USA, Allemagne, Pologne, Tunisie…

Oud

Le luth du XIV° siècle devait beaucoup ressembler à cet instrument très populaire au Maghreb et au Moyen-Orient. Son nom vient de l'arabe al-oud (le bois).On retrouve toujours la forme caractéristique piriforme (en forme de demi poire) et le chevillier formant un angle avec le manche. Le manche lisse - non fretté - permet de jouer, tel le violon, toutes les divisions des tons (quarts de tons et tous les micro-intervalles).

Le Daf, Le Riqq et la Darbouka

Le Daf est un tambour sur cadre à une membrane en peau de chèvre. Son diamètre est d'environ 30 cm. Le Daf est très apprécié des derviches tourneurs.
Le Riqq est un tambourin muni de dix paires de cymbalettes qui présente la particularité d'être joué à deux mains : les deux mains servent à la fois à tenir et à frapper le tambourin et les cymbalettes.
La Darbouka, instrument traditionnel à peau tendue sur un "vase" en poterie ou en bois, est utilisé de longue date dans les musiques d'Afrique du nord et du Proche Orient.

Le Hautbois/ Cor Anglais/Doudouk

Instrument à vent, en ébène, à tuyau conique et à anche double. Son principe de construction est d'origine très ancien et a engendré plusieurs familles d'instruments dont les modèles primitifs apparaissent figurés sur les monuments de l'Egypte et se perpétuent dans l'usage des peuples orientaux. On le retrouve encore aujourd’hui sur tout le pourtour méditerranéen sous différentes appellations : Ghaita, Rhaita, Shanai, Zamr ou Zourna. Les instruments à anche double construits pour produire des sons puissants et aigus, étaient à l'origine des instruments d'extérieur destinés à faire danser le peuple.
La respiration continue, très pratiquée dans les musiques orientales, en utilisant les joues comme réservoir d'air prend une part importante dans la technique de jeu de Jean-Luc Fillon.
Le Cor anglais est, en réalité, un hautbois ténor, sonnant en fa, une quinte au-dessous du hautbois ordinaire Sa sonorité est particulièrement belle dans le médium et les dernières notes graves
Le doudouk est sans conteste l'un des instruments les plus répandus en Arménie. Il a un corps cylindrique à 8 trous et se joue avec une anche double formée d'un long roseau épais plié sur un côté. Le doudouk, très populaire chez les bergers, produit un son doux et grave. La plupart des airs joués sur cet instrument rendent une atmosphère assez triste.

Le Piano

João Paulo, inventeur d’un jeu de piano rythmiquement et harmoniquement hors norme. Son jeu peut tour à tour évoquer :
- le santour, sorte de cymbalum, originaire de Perse, en forme de trapèze isocèle et à cordes frappées à l'aide de deux baguettes recourbées, et considéré comme l'ancêtre du piano
- le psaltérion qui est une désignation particulière de certaines cithares.
Quelle que soit la forme, le principe est toujours le même : les cordes sont tendues au dessus d'une caisse de résonance plate et sont pincées, en général à l'aide d'un plectre. Néanmoins, il semble que très tôt les cordes aient pu être frappées à l'aide de petits marteaux en bois, annonçant ainsi le tympanon.

Violoncelle

Les premiers instruments à archet apparurent en Inde et en Extrême Orient. Leurs migrations suivirent les chemins des tribus arabes, gitanes et juives. On peut les classer en deux familles : les rebecs et les vielles.
La plus vieille représentation d'un violoncelle connue date de 1535. Le mot "violoncello" apparaît en 1665.

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