Edu Miranda, mandoline

Tuniko Goulart, guitare


Disque de la semaine sur FIP




La musique populaire brésilienne oscille constamment entre l’Alegria (la joie) et la Saudade (la nostalgie), les deux pôles complémentaires de l’âme brésilienne : Les richesses musicales du Brésil sont nées du métissage de tous les peuples de ce pays, des éléments indiens, noirs et portugais. Les chôros, mélancoliques airs d’origine portugaise, inspirèrent de nombreux compositeurs, notamment Heitor Villa-Lobos. La musique brésilienne, vibrante, colorée et sensuelle, son climat onirique, ses subtiles harmonies et ses paroles lumineuses, a séduit le monde entier. Le trio « Aquarela », nous fera découvrir, avec audace et virtuosité, des facettes plus méconnues de la musique brésilienne. Du samba au baião, du frevo au forro, du chôros au…fado !!! Villa Lobos, Hermeto Pascoal, Chico Buarque, Egberto Gismonti, Edu Lôbo, Antonio Carlos Jobim, Baden Powell, Luis Bonfa, Sergio Mendès, Vinicius de Moraes, Milton Nascimento, Toquinho, Dori Caymmi, Pixinguinha … seront de la fête !!!

Oboman FILLON & AQUARELA: "Choros do Brazil"

" Jean Luc Fillon continue à exploiter le filon des particularismes musicaux et à braconner sur les terres de l’improvisation en adaptant cette fois le répertoire très particulier des choros du Brésil, à savoir l’une des premières formes musicales qui présente quelques parallèles avec le jazz, puisqu’il s’inspire d’une danse afro-brésilienne ancienne, le lundu. Au début du XXème siècle, le choro se trouva en relation étroite avec d’autres styles voisins nord américains, ragtime et dixieland. D‘où l’adjonction de trombones, saxophones, percussions.... les ensembles de choros étant donc à géométrie variable. A la rencontre de deux styles musicaux, la musique classique romantique qu’il a pratiqué à un très haut niveau et le jazz qui l’a séduit pour sa liberté, son rapport au rythme, Jean Luc Fillon est avant tout intéressé par la recherche d’un son et d’un phrasé très personnels. Il peut les développer dans la forme du choro, dont la cellule de base, le « terno », s’articulant autour de bois et de cordes, a une métrique à deux temps en forme de rondo, marquée de syncopes et de modulations harmoniques caractéristiques. Le hautbois se glisse donc ici à la place de la flûte, et reprend le rôle d’instrument mélodique avec la mandoline brésilienne ( le bandolim), la guitare ayant un rôle harmonique et rythmique. Les choros, de tradition orale à l’origine, se retrouvent au coeur de musiques populaires beaucoup plus connues comme la samba ou la bossa nova. La danse n’est jamais très loin, en dépit de l’étymologie (« chorar » signifie « pleurer ») : les choros sont plutôt conçus sur un rythme joyeux et enlevé qui a ses origines dans la valse, la polka, certaines danses européennes... Le métissage n’est donc pas un mot galvaudé. Dans cet album en trio, notre Oboman s’entoure de nouveaux complices, brésiliens cette fois-ci donc : le guitariste Tuniko Goulart et le mandoliniste Edu Miranda. Le répertoire d’Aquarela, sorti chez Buda Musique, parcourt entre autres des compositions de Vinicius de Moraes, de Pixinguinha et d’Hermeto Pascoal. Il n’est pas étonnant que l’univers décalé et joyeux de ce poly-instrumentiste fou, vraiment inclassable, ait attiré notre hautboïste. Brésilien attaché au folklore de son pays, Pascoal introduisit dans des mélodies superbes tous les ingrédients de l’époque : fusion, free, avec indéniablement ce sens du rythme et des couleurs propres à la musique sud-américaine. Jean Luc Fillon nous fait voyager dans un même morceau entre les musiques ethniques, les folklores de nos provinces (Poitou, Catalogne) ou d’Italie (Sardaigne, Piémont) mais aussi le jazz free ou le contemporain le plus XXème, reliés par des transitions qui nous paraissent naturelles alors qu’elles sont du domaine de la performance. C’est formidablement festif sur le « Chorinho pra ele » que nous avons tous en mémoire sans toujours savoir que c’est du Pascoal. Dans certains titres comme « Doce de Coco », ou « Carinhoso », le jazz apparaît très finement, avec un délicieux parfum de nostalgie : d’un coup, Oboman joue et swingue d’évidence. Notons enfin une rapidité vertigineuse, une virtuosité dans les sinuosités et les volutes, particulièrement dans les unissons, parfaits, avec la mandoline. Jean Luc Fillon a déjà pratiqué avec bonheur dans son CD précédent « Oboréades », le même procédé avec l’accordéon. Sa maîtrise instrumentale se révèle à ce moment là singulière. La synchronisation du rythme, de la justesse et du phrasé est parfaite, note à note, dans un style d’improvisation débridée. Un travail de réglage impressionnant. Un Cd à écouter rapidement. " Sophie Chambon Choros do Brazil a été sélectionné « CD de la semaine » par FIP.

Edu Miranda

Né en 1968 à São Paulo, Edu Miranda a baigné très tôt dans un environnement musical familier et intense, où la seresta et le chorinho occupaient une place de choix. À onze ans, il a eu son premier contact avec une mandoline, et, fasciné par le son de l'instrument, a décidé que celui-ci serait son principal moyen d'expression musicale. À douze ans, il rencontre Lendário Evandro, un des plus grands mandolinistes brésiliens. Evandro travaillait au Dell Vecchio, un grand magasin d'instruments de musique situé dans le centre de São Paulo, où la crème des musiciens de São Paulo avait l'habitude se réunir. Très rapidement, sa participation à des orchestres de Choros l’a incité à améliorer sa technique instrumentale. En sentant, néanmoins, que l'expression de son style exigeait une amélioration théorique et la connaissance d'autres langages musicaux, il a étudié l’harmonie et l’improvisation auprès de Rui Saleme (ex violoniste du Trio D'Alma) et Renata Montanari. Ces enseignements ont été fondamentaux pour le développement de sa propre expression musicale. En 1988, il part en tournée au Portugal, « la mère patrie » avec le groupe musical du théâtre "Haute Forêt", ayant l'occasion de connaître et d’apprécier divers musiciens de différents styles. Il part ensuite aux Pays-Bas, et y séjourne quelque temps. L’attrait de la découverte est là, mais la nostalgie « Saudade » de son Brésil natal l’incite à retourner au Brésil en 1990. En 1992, il repart pour Lisbonne, et commence à développer une intense activité d’arrangeur et producteur de plusieurs artistes du paysage musical portugais, et est sollicité comme mandoliniste auprès de divers groupes et musiciens : Mario Laginha et Maria João, Gilberto Gil, António Chainho, Pedro Jóia, Martinho du Village, Toninho Potager, Filipa Parents, Nico Assomption, Romanças, Réal Société, Je groupe Marambaia, … En 2003, il enregistre son premier compact disc en solo, intitulé "Choro de Longe". Ce disque est salué unanimement par les critiques musicales et bien accueilli par le public. Pour ce disque, Edu a collaboré avec Tuniko Goulart, ami de longue date, et aussi considéré comme l’un des plus grands guitaristes du moment.

Tuniko Goulart

I was born in southern Brazil, in Pelotas city, state of Rio Grande Do Sul, in 1967. In my family (mostly musicians), music was always present, in such a way with 11 years old I was the first and only professional musician recognized by the O.M.B, the Brazilian Musicians Order. From there on, many were the years travelling through Brazil, Uruguay and Argentina with many groups and with lots of musical genres. I’ve always had the luck to be invited to play in tours with musicians much more experienced and informed than me, all graduated in the “school of life”, and they taught me the art of comping. And that, at the time, wasn..t the notion I had about playing well, but the sound, the tranquillity and above all the rhythm got so into me that I delved through that eternal path. Thank you, “Popular Maestros". Either in tours or in studio recordings, I was proud to collaborate with musicians such as: Gilberto Gil, Martinho da Vila, Airto Moreira, Flora Purim, Arthur Maia, Vicente Amigo, Stanley Jordan, Jeff Berlin, Eric Sardinas, Cesária Évora, Antônio Chainho, Edu Miranda Trio, Giovani Goulart, Filipa Pais, Isabel Campelo, João Frade Trio, Real Companhia, Angola Brasil Trio, Paulinho Lêmos, Brisas, André Sarbib, along with many others ... - tuniko goulart ..